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Le journal créatif de EssZett

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Mes illustrations, peintures et dessins: comment trouver l'idée, quelle technique et quel matériel utiliser...


Ecrire une histoire pour enfants: le projet

Publié par Silke Zacharias sur 17 Janvier 2016, 15:58pm

Catégories : #illustration, #aquarelle, #livre, #dessin

Ecrire une histoire pour enfants: le projet

Comme vous le savez peut-être: j'ai écrit, illustré et (auto-)publié des histoires pour enfants.

Ce ne sont pas forcément des "chefs-d'oeuvre" et il reste beaucoup de travail concernant l'écriture et l'illustration. Mais en attendant, j'ai franchi le pas. J'ai osé! Je l'ai fait!

Cela paraît banal mais en réalité il faut du courage pour réaliser un acte créateur et l'assumer, exposer le résultat à un public et "encaisser" le verdict.

Si je vous raconte cela, ce n'est pas pour dire que je me trouve spécialement courageuse mais pour vous dire que:

JE L'AI FAIT alors VOUS POUVEZ LE FAIRE!

C'est le message de mon blog.

Je vois autour de moi tant de talents gâchés/perdus que j'ai envie d'encourager un maximum de personnes à faire les jolies choses créatives qu'elles ont envie de faire.

Vous allez me dire: oui, mais...

Et vous avez raison! Il y a un risque. Le risque de découvrir que nous ne sommes pas aussi doués que nous l'avons imaginé et espéré. Il y a le risque que le résultat ne soit pas ou ne soit jamais à la hauteur de nos propres attentes. Que personne n'aime ce que nous faisons, nous-même inclus. Oui, c'est vrai!

MAIS: Vous pourriez vous féliciter pour votre courage et pour l'avoir essayé. Vous avez appris quelque chose sur vous-même. Et vous pouvez, par exemple, transformer votre travail ou alors classer ce projet-là pour laisser ainsi la place à un nouveau!!!

N'est-ce pas merveilleux? Découvrir autre chose que prévu ou passer au deuxième projet qui vous tient à coeur depuis des "lustres" pour dévouvrir ce que ça donne!

Personnellement, je pense qu'il vaut mieux agir avec le risque d'un échec que rester dans des rêves frustrants car jamais réalisés.

D'ailleurs, qu'est-ce que c'est la réussite? Si nous sommes moins exigeants avec nous-mêmes, la barre est moins haute/plus facile à atteindre! Et parfois, ce qui paraît de prime abord comme un échec n'en est pas un!

Vous pouvez trouver sur mon blog des essais de matériaux/de techniques banals qui sont devenus par la suite intéressants, de vrais tableaux (en tout cas pour moi) car j'ai eu une nouvelle idée. D'ailleurs, il y a des courants d'Art qui me semblent venir des Etats-Unis (et qui méritent certainement un autre article) qui disent que c'est l'acte de création qui importe et, du coup, c'est toujours une réussite. Ce qui est vrai pour toute création !

J'aime beaucoup cette idée et depuis que je l'applique, je crée souvent et avec un énorme plaisir car il ne s'agit pas d'obtenir tel ou tel résultat mais de l'acte de création!

Et ce que je vous montre sur ce blog n'est pas forcément beau, abouti, des oeuvres d'art. Mais j'ai matérialisé quelque chose et j'aime ça!

Mais je m'égare. Je voulais vous parler de l'écriture des histoires que j'ai publiées:

Il y a quelques années, quand mon fils Yann était encore tout petit, ma mère en Allemagne tricotait tout le temps des pulls pour lui... un peu pour surmonter sa nostalgie.

A un moment donné, elle a eu l'idée d'accompagner un de ces pulls d'une histoire pour Yann: une idée était née. Et pour rendre cette histoire plus accessible à Yann, je pensais qu'il fallait des illustrations.

J'ai toujours aimé dessiner et j'avais fait quelques illustrations pour mon mari (pour des fiches d'école) peu de temps avant. Je n'aurais jamais cru en être capable à ce moment-là, mais mon mari le pensait et m'avait poussé à essayer. Mes premiers dessins n'étaient pas renversants mais beaucoup mieux que ce que j'avais imaginé.

Et faire une histoire illustrée "fabriquée en famille" est un beau cadeau à faire à son enfant, non? J'ai alors mis mes doutes de côté et je m'y suis mise:

En lisant la première fois l'histoire de ma mère, j'ai eu tout de suite des images en tête et j'ai commencé assez facilement à faire des dessins tout simples - un peu maladroitement certes - mais avec beaucoup d'enthousiasme et beaucoup de fascination. C'est vraiment magique de matérialiser des images que l'on a d'abord seulement dans la tête.

Je voulais faire ensuite quelques essais/esquisses sur un brouillon pour voir ce que ça donne. Et parmi les premiers dessins se trouvaient ceux qui allaient être mes préférés par la suite: l'Enfant de la Terre, une petite fée que j'ai fait réapparaitre dans une autre histoire tellement elle m'avait plu et qui est devenue "l'emblème" d' "Imagicbooks" - ma maison d'édition virtuelle qui a donné aussi le nom au site de téléchargement. Voici cette feuille de brouillon. J'ai rapidement colorié à l'aquarelle tellement cela me plaisait:

La première feuille de "brouillon" dont j'ai utilisé la plupart des dessins...

La première feuille de "brouillon" dont j'ai utilisé la plupart des dessins...

Ensuite, j'ai dessiné, entre autres, ma mère dans son fauteuil en train de tricoter (voir l'image en haut). C'est le deuxième "emblème" de nos histoires car la "série" porte le nom de "Mamie tricote des histoires".

En fin de compte, je trouvais mes dessins marrants: ils représentaient bien ce que je voulais.

Assez maladroits et basiques mais ils me charmaient par leur spontanéité et une certaine authenticité. Ceci me permettait de mettre mes derniers doutes de côté et je me suis lancée sans retenue!

Ainsi sont "nées" trois histoires écrites par ma mère et illustrées par mes soins: "Le pull de la plage" (l'histoire pilote), "Les moutons-pelote" et "Le pull de la pluie" avec une cinquantaine d'illustrations.

Une double-page du livre virtuel...
Une double-page du livre virtuel...

Etant donné qu'aucun éditeur auquel j'ai écrit pour proposer nos histoires n'était intéressé, nous avons décidé en 2004, de les transformer en livre interactif virtuel.

Mon mari a fait la programmation, nous avons scanné les illustrations et ajouté des animations et bruits aux images - déclenché par un clic. On pouvait aussi se faire raconter l'histoire (par moi) en cliquant sur une petite bouche en haut des pages.

Ces fichiers existent toujours sur mon site "Imagicbooks" qui a eu beaucoup de succès avec 1000 à 1200 visites par mois pendant longtemps et beaucoup de téléchargements dans le monde entier; ces livres y sont en Allemand, Français et Anglais et... gratuit.

Ensuite, j'ai pris le relais de l'écriture avec "Le pull de Noël" et "Le pull de l'orage". Ces deux histoires étaient des commandes d'un éditeur de livres électroniques en Allemagne (qui n'existent plus). Il aimait bien le concept et avait vu le site. Mais ma mère avait décidé à ce moment-là que ce serait mieux que je continue la série toute seule et, du coup, j'ai écrit mes premières histoires pour enfants.

Le site d'Imagicbooks

Le site d'Imagicbooks

Ecrire une histoire pour enfants: le projet

Je ne prétends pas que ce sont des chefs-d'oeuvre, mais lors de la création du dernier - "Le pull de l'orage" - j'ai compris que je commençais à me débrouiller pas trop mal, à avoir une certaine organisation qui fonctionnait bien. A force de le faire, on apprend!

Bien sûr, il reste toujours de choses à améliorer et il y a des défauts, mais les histoires tiennent la route et, surtout, elles existent.

Alors, dans cet article, je vais expliquer de A-Z comment je m'y suis prise. Là encore, je ne prétends pas avoir la "vérité infuse". C'est une façon de faire... et le mieux est de trouver la vôtre!

Voici comment j'ai fait pour l'histoire "Le pull de l'orage":

Je voulais garder la même trame que les livres déjà existants: Yann reçoit un pull tricoté par Mamie, l'enfile, trouve une formule magique et vit une aventure. Mais laquelle?

J'avais aussi envie de réutiliser la petite fée qui apparaissait dans la formule magique de la toute première histoire: l'enfant de la Terre et lui donner un rôle un peu plus important.

Alors, m'est venue l'idée de l'orage, de trouver une explication sympa au phénomène sans trop s'éloigner des véritables raisons. Et à force d'y réfléchir, m'est venue l'image de deux "dragons" qui se battent dans le ciel. Mais avec des têtes gentilles. Je me suis un peu inspirée,sans vraiment m'en rendre compte sur le coup, du dragon blanc (Furchur) dans "L'histoire sans fin" (film de 1984 d'après le roman de Michael Ende) . C'est beaucoup plus tard, quand j'ai revu des images du film que j'ai compris. Ce qui prouve que nous utilisons notre "base d'images interne" pour créer de nouvelles images.

Le dragon "Furchur" dans "L'histoire sans fin" 1984 et mon "monstre à air chaud"Le dragon "Furchur" dans "L'histoire sans fin" 1984 et mon "monstre à air chaud"

Le dragon "Furchur" dans "L'histoire sans fin" 1984 et mon "monstre à air chaud"

Et ensuite, j'ai eu également l'image d'une petite fée du Ciel qui utilise un arc-en-ciel comme tobbogan. Autour de ces deux images, l'histoire devrait se tisser.

Les deux images "clé" que j'avais en tête avant d'écrire l'histoire...Les deux images "clé" que j'avais en tête avant d'écrire l'histoire...

Les deux images "clé" que j'avais en tête avant d'écrire l'histoire...

Je me suis également rappelé d'un évènement de mon adolescence: je me suis réveillée en pleine nuit suite à des tonnerres impressionnants que je prenais pour des impacts de bombes. C'était en plein hiver: je ne pouvais pas entendre la neige tomber et je n'ai pas non plus soupçonné d'orage car très rares en hiver. J'étais terrorisée en pensant à une guerre nucléaire... c'était pendant la guerrre froide. Une expérience traumatisante qui m'a beaucoup marquée et qui n'a rien arrangé à ma peur de l'orage. J'ai toujours peur - même si je suis une adulte et si je sais très bien d'où ça vient et que je n'ai pas grand-chose à craindre, si je prends des mesures adéquates. Je prends cette peur pour une peur "ancestrale" qu'il faut accepter et apprendre à gérer.

Alors, je me suis dit que l'on ne peut peut-être pas "effacer" totalement mais "adoucir" par des images sympathiques/marrantes tout en leur laissant un côté un peu magique.

Alors, oui, Yann sera réveillé par un orage la nuit en ayant peur mais il trouvera un moyen de la gérer, de faire avec...

Je voulais aussi encourager les enfants à devenir plus autonomes/se débrouiller seuls.

Et voilà, tous les éléments importants pour moi étaient en place et j'avais une idée assez claire du but de mon histoire. Donc, je pouvais me mettre à l'écriture.

Du coup, tout s'imbriquait facilement et la création du premier jet était relativement rapide. Le plus long était, une fois le texte créé, de l'affiner, de l'alléger, de l'adapter à un niveau d'enfant et tout cela, sans perdre un bon rythme et une bonne mélodie. Pourquoi je parle de mélodie? Si vous voulez que votre histoire "sonne" bien à la lecture, il faut la lire à voix haute et juger aussi sa "mélodie". C'est aussi important que le contenu! Donc, j'ai changé encore et encore des mots, des phrases jusqu'à ce que je fus satisfaite... au minimum, car on ne trouve jamais la version parfaite. A un moment donné, il faut arrêter de vouloir aller encore plus loin...

Une fois le texte au point, je l'ai découpé en unités qui devaient correspondre à une illustration. Pour cela, je me suis laissé guider par la logique d'un côté mais aussi par mon "projecteur d'image intérieur". S'il y a une unité logique mais si aucune image ne vient ou si l'image qui correspond n'a aucun interêt, il faut passer. Tant pis, la partie sera plus longue et une autre plus courte.

J'avais prévu de faire environ 20 illustrations. Et curieusement, cela a toujours à peu près fonctionné. Avec quasiment toutes les histoires. Il y en avait un peu moins au début ou quand l'histoire était relativement courte. Mais sinon, je m'en sors bien avec ce nombre.

De toute façon, il faut se dire que l'on peut encore modifier ce qui gêne par la suite. Quand on est l'auteur, ben, on fait ce que l'on veut. Surtout, quand on n'a pas d'éditeur "sur le dos". Vous voyez, il y a des avantages d'être totalement autonome et totalement libre.

Pour résumer, je dirais qu'il faut, pour trouver un thème sur lequel on veut orienter une histoire pour enfant, une idée de base et au mieux, quelque chose qui nous touche personnellement, comme, dans mon cas, une histoire en rapport avec ma mère, mon fils et mon propre vécu.

Il faudrait s'inspirer d'un moment d'émerveillement ou de tout autre situation chargée d'émotion. Personnellement, je suis persuadée qu'écrire quelque chose qui nous touche/vient du "ventre" risque toujours d'être meilleur et plus authentique que quelque chose que nous avons uniquement pensé = construit intellectuellement. C'est pour cela que je trouve souvent les livres pédagogiques ratés où l'on veut apprendre quelque chose aux enfants via une petite histoire. Il manque le côté "coeur". Mais ce n'est que mon avis.

Vous pouvez aussi vous rappeler de votre enfance, des choses que vous avez aimées, que vous avez redoutées. Les évènements qui vous ont fait rêver etc. Votre mémoire est certainement une source inépuisable d'idées pour une histoire!

Regardez et lisez également des livres pour enfants déjà existants. Triez ce qui vous plaît et ce qui ne vous plaît pas et essayez de comprendre pourquoi! Vous trouverez certainement aussi des idées d'écriture. Et n'oubliez pas les contes de fées. On peut les réécrire ou les détourner...

Si vous aimez les animaux, eux aussi sont une véritable source d'inspiration. Vous pouvez inventer une histoire que vit un animal dans son environnement naturel - éventuellement en vous documentant bien avant l'écriture - ou alors il peut s'agir d'une rencontre entre un enfant et un animal. Quel est votre animal préféré ou celui que vous trouvez le plus bizarre ou effrayant? Est-ce que vous avez vécu vous-même des moments forts avec un animal quand vous étiez petit?

Et si rien ne vous vient à l'esprit, pourquoi ne pas chercher dans vos photos, ou des photos sur internet autour des thèmes qui vous intéressent ou seulement autour d'un mot qui vous vient à l'esprit. Les photos sont de puissantes sources d'inspiration aussi!

Tout ceci sont mes idées mais je suis sûre que vous en avez d'autres. Surtout, si vous vous autorisez à ne pas vous brider. Allez-y! Soyez créatif et trouvez une idée que personne n'a encore eue. Ou traitez un sujet déjà connu sous un autre angle...

Notez vos idées dans un carnet et ressortez-les de temps en temps. A un moment ou un autre, vous saurez sur quoi vous avez envie d'écrire! Alors, n'hésitez pas. Laissez aller votre imagination...

Si le processus de l'illustration vous intéresse en détail, je vous conseille mon article suivant: "Illustrer une histoire" - à venir sous peu.

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